Bonjour.
La technologie n'est qu'un outil, ce qui compte, c'est ce que la majorité de la population fait avec.
Exemple idéal: la téléphonie mobile.
Norbert Wiener (1948) aurait peut-être donné un bras pour avoir accès à une telle solution, quand on voit les possibilités de travail collaboratif et d'épanouissement qu'il fondait sur un fax..
Aujourd'hui c'est à la portée de tous, mais qu'en fait-on ? les services SMS débiles ? Non, c'est déjà dépassé: désormais c'est le logo du monstre rose qui devient méchant, la machine à pets...
Et quand on est forcé de subir la conversation d'une personne "libérée" qui fait son théâtre dans le bus, ben finalement c'est encore pire... Ils n'ont rien à dire mais ils ne s'en privent pas, il y a un forfait à consommer.
La technologie n'est que la concrétisation de la créativité et de la détermination de l'esprit humain.
Actuellement, elle est dévoyée à grande échelle, en étant utilisée soit de cette manière dérisoire, soit comme bouc émissaire pour les bassesses de certains humains, soit au contraire sous forme d'arnaque sophistiquée destinée aux idéalistes.
Mais très rarement d'une manière lucide et courageuse pour répondre aux problèmes par des solutions imparfaites, mais crédibles. Ca, ça ne marche pas parce que la majorité des gens ne veulent plus "se prendre la tête" avec des solutions qui réclament des efforts, le cran de faire des choix et de les assumer, et qui ne sont même pas miraculeuses !
L'offre technologique est tout simplement guidée par le niveau de la demande, qui elle-même s'adapte à cette offre qui devient donc une norme. Toujours plus facile, plus ludique, plus déresponsabilisant.
Exit la sécurité, la fiabilité, la pérennité, l'évolutivité et les performances pratiques... Pour quel usage ?
L'ordinateur par exemple n'est plus un outil de calcul ou de conception, il est devenu un K'Branché pour surfer sur le Ouaibe et mater de la vidéo de Zik à donf (je crois que le dialecte est correct, aux fautes près dans les mots académiques).
Evidemment alors, pour une entreprise qui veut s'en servir sérieusement, ça crée tout un tas de faux problèmes qui nourrissent des tas de solutions, le tout au détriment de l'objectif initial qui était de travailler.
Mais ça pousse à la consommation, ça fait vivre plein de gens, et cette course permet même d'arrêter de réfléchir, on accepte la fatalité.
Je prends l'informatique comme exemple parce que je le connais bien, c'est l'un des domaines les plus hi-tech, et aussi celui que se mord le mieux la queue de cette manière, vous devez le ressentir aussi: l'informatique sert avant tout à faire de l'informatique.
Rassurez-vous, il y a tout de même de nombreuses personnes qui se passionnent pour les vrais problèmes et cherchent de vraies solutions, mais la vraie question n'est pas là.
La vraie question, c'est de savoir si ça intéresse vraiment la masse qui vote pour ou contre et qui donc, directement ou indirectement, est à l'origine des décisions.
Un scientifique compétent et motivé qui se présenterait à une élection majeure ? Il faudrait qu'il soit marrant (donc pas trop rasoir avec ses trucs qui prennent la tête, mais plutôt grande gueule sur un plateau TV).
Et il faudrait aussi qu'on sache ce qu'il pense de divers sujets grivois de l'actualité, avec quel grand parti il compte s'allier, et aussi le score que fera tel autre grand leader à spectacle en fonction de ça...
Ensuite, à l'occasion on pourrait parler un peu de son projet original...
Qui est selon vous cette forme impersonnelle qui devrait prendre cette décision de "confier les rênes..." ?
"Les civilisations meurent du mépris qu'elles ont d'elles-mêmes". Je pense que la seule chose qui peut les sauver, c'est de n'avoir pas dans l'ensemble plongé trop profond.
Quant aux gens qui créent des technologies et autres solutions, ils resteront condamnés à la plus grande solitude, en attendant ce moment où tout fonctionne et où ils peuvent enfin en faire la démonstration.
Sauf que c'est pas fini, là ils peuvent encore se faire dénoncer comme des apprentis sorciers ennemis de la solution miracle du moment, ou bien voir le résultat racheté ou imité et reconverti en quelque chose de plus "vendeur" :-)
Ma conclusion, c'est que l'avenir dépend de ce seuil (en termes de quota) dans la capacité du bon peuple à redécouvrir le plaisir des lumières et du développement personnel et collectif, en utilisant les outils technologiques pour aller toujours plus loin dans ce sens,
...ou à se complaire dans la facilité pour les uns, et l'art d'en profiter pour les autres. La technologie peut aussi faciliter cette approche...
Cordialement.