EDF vient de nous faire savoir que face à la montée des consommations, il allait devoir investir lourdement, et que pour financer ces investissements, il allait devoir augmenter ses tarifs de 20% sur les 3 prochaines années !
Pratique au passage curieuse, en général, nous autres petits créateurs d'entreprise, investissons sur la base d’une prévision de retour sur investissement et ne demandons pas à nos clients (en tout cas pas aussi explicitement) de nous financer par anticipation.
Dans le même temps, on apprend que la CRE (commission de régulation de l’énergie), ayant à statuer sur de grands projets dits « d’effacement diffus » (projet visant à réduire les consommations électriques des ménages et des entreprises – voir ci-dessous), s’apprête à imposer à ces projets un quota de réduction des économies d’énergie (pas plus de 100 MegaWatt pour l'ensemble des actions entreprises) et à taxer ces économies d’énergie au profit de EDF, et ce pour compenser, si j’ai bien tout compris (les textes de la CRE sont assez durs à comprendre - http://www.cre.fr/)le manque à gagner d’EDF !
Moi, sans doute parce que je ne suis pas un expert, j’ai du mal à comprendre !
Il me semble en effet qu’en diminuant les consommations, on réduit les besoins d’investissements d’EDF, donc qu’on aide EDF à résoudre son problème actuel en matière de budget d’investissement, et qu’on l'aide ainsi à avoir moins besoin de pratiquer cette hausse de tarif de 20% si préjudiciables économiquement et socialement en cette période de crise !
D’ailleurs, si on pousse le raisonnement jusqu’à l’absurde (pas grand-chose à faire pour cela !), EDFdevrait s'opposer à cette mesure, par crainte que demain, sur la base du même raisonnement; les pétroliers demandent à EDF de leur payer une taxe à chaque fois que EDF préconise le remplacement d’une chaudière fuel par une pompe à chaleur électrique !
En allant encore plus loin, les syndicats et les ASSEDIC ne pourraient-ils pas demander une taxe à tous les fournisseurs d’énergie pour les emplois que leurs technologies (qui a permis la motorisation puis l’automatisation) ont fait perdre ces 100 dernières années !
Finalement, peut-être que ce serait une façon de résoudre le déséquilibre de nos régimes sociaux, et là, pour le coup, je comprendrais qu’EDF soit obligé d’augmenter ses tarifs !
L’effacement diffus, qu’est-ce que c’est ? ------------------------------------------
L'électricité ne se stocke pas, et il faut à chaque instant équilibrer la production d'électricité et sa consommation. Dès qu’apparaît le moindre déséquilibre, il faut le compenser d’urgence, celui-ci entraînant non seulement des surcoûts d’exploitation, mais aussi des risques importants de panne générale du réseau (4 novembre 2006 : Plus de 10 millions de consommateurs en Europe plongés dans le noir du fait d’un déséquilibre en Allemagne).
Pour rétablir l’équilibre en ajustant la production, EDF à recours à des groupes de production supplémentaires, généralement des générateurs à carburant fossile (gaz, pétrole, voire charbon), dont le fonctionnement en appoint est à la fois très coûteux, et générateur de gaz à effet de serre.
EDF a donc depuis longtemps cherché à réguler également par la consommation en mettant en place les tarifs « heures creuses », puis les tarifs « tempo », puis les tarifs « EJP ».
C’est aussi l’argument d’EDF pour facturer ses abonnements plus cher pour des puissances plus importantes, incitant ainsi les utilisateurs à « gérer » eux même et donc à « écrêter » leurs consommations.
Mais qu’il s’agisse des particuliers ou des entreprises, ce sont là des dispositions locales, voire individuelles, sans aucune concertation.
La solution dite « d’effacement diffus » consiste, pour répondre à ce besoin d’équilibre du réseau électrique, à mettre en œuvre une technologie radicalement nouvelle basée sur un principe simple : Faire appel à la solidarité de nombreux consommateurs, et leur proposer de mettre en pause automatiquement et pendant quelques minutes certains de leurs équipements dont la consommation est flexible : radiateurs, ballon d’eau chaude, climatisation qui peuvent s’arrêter ponctuellement sans que le confort s’en ressente.
Ce faisant, chacun peut offrir quelques kilowatts de puissance flexible, et un grand nombre de consommateurs agissant ensemble peuvent apporter les 10, 30 ou 100 MW nécessaires pour assurer l’équilibre du réseau.
La Société VOLTALIS propose un tel dispositif(www.voltalis.com)
Certes, pour GREENEO, la priorité n’est pas de gérer nos consommations d’énergie, et en particulier d’énergie électrique, mais bien de les réduire par tous les moyens (de l’éclairage basse consommation aux équipements électroménager de classe A+, en passant par la suppression des consommations liées au chauffage grâce à l’isolation, la ventilation contrôlée, le recours aux nouvelles techniques ou aux énergies renouvelables).
Mais une fois que l’on aura fait cela, le problème de l’équilibrage subsiste, et une solution à caractère mutualisée rendue possible à la fois par les nouvelles technologies de l’information et par l’ouverture du marché énergétique, telle que le propose VOLTALIS, est sur le principe remarquable, et on comprend mal le plafond de 100 MW et l’indemnisation au profit de EDF que la CRE serait sur le point de valider !
De plus, cette première « taxation » d’un comportement vertueux vis-à-vis de notre environnement, s’il n’est pas immédiatement dénoncé, risque d’ouvrir des perspectives inquiétantes à chaque fois qu’une mesure salutaire portera atteinte à la marge financière d’un grand groupe en mesure de faire un lobbying actif.
Il est donc important que tous, nous nous mobilisions tous sur le sujet.
Serge Vuillod Fondateur du réseau GREENEO Réseau d'éco-consultants indépendants www.greeneo.eu vendredi 24 juillet 2009 | |