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Coaching éthique

Le coaching éthique, Super Nanie ou Socrate ?

Aimé Jacquet, Super Nanie sur M6, Gilles, de l’émission « Queer », et Bernard Tapie font partie des noms plusieurs fois cités lorsque l’on demande à ceux qui veulent se prêter au jeu de la question : « quels coachs connus pourriez-vous citer ? ». Si le tout est pour le moins hétéroclite, il est bien représentatif de la vision que la population française a du coaching. Un vidoir qui réunit à la fois gourous, opportunistes, professionnels du spectacle et du petit écran, entraîneurs sportifs, relookers et autres professions en vogue. Une sorte de bordel sans nom face auquel les médias ont une grande part de responsabilité. Alors le coaching, une activité obscure ou un métier capable de se définir ?

« Coaching », un terme anglais, issu du verbe « to coach : entraîner, accompagner, motiver qui demeure toutefois étymologiquement issu du français « coche ». Le Coche, au 20ème siècle, est une grande voiture tirée par des chevaux pour le transport des voyageurs et conduite par un postillon ou un « cocher ». Celui-ci est, de fait, une personne qui accompagne des voyageurs d’un point à un autre, ce qui évoque bien l’aspect de « passeur » ou de « guide » que revêt parfois la fonction de coach. » .

Un accompagnement qui a trouvé son origine dans le milieu sportif américain des années 1950-1960. Le coach était alors un entraîneur sportif, notamment dans le football américain. Son approche était holistique, il appréhendait le sportif dans sa globalité en vue de l’aider à accroître ses performances. A partir des années 80 le terme s’étend au monde de l’entreprise, « où les enjeux et les comparaisons en termes de compétition, d’excellence, de besoin de dépassement justifient une telle approche ». Il faudra toutefois attendre les années 90 pour constater ce même phénomène en France. Vincent Lenhardt, professionnel à la fois de la relation d’aide (Docteur en Psychologie) et du monde de l’entreprise (Diplômé d’HEC, études MBA de l’Université de Chicago), crée en 1988 la première école de coaching. Une étape symbolique qui permet de comprendre les sources du coaching tel qu’il se développe en France depuis une quinzaine d’années. Si le coach intervient aussi bien auprès d’un cadre, d’une équipe (on parle alors de Team Building), d’un service, ou toute autre entité de l’entreprise, qu’auprès du particulier, les professionnels du secteur s’entendent pour reconnaître que le coaching, contrairement aux pays Anglo-saxons, reste peu développé à ce jour en France auprès de ce dernier. Nous sommes donc loin de l’engouement du particulier dont parlent les médias et la raison principale est probablement due en partie aux tarifs pratiqués par la profession (les premiers prix pour les particuliers se situent aux alentours de 80 euros). Le coaching, reconnaissons-le est élitiste, il s’adresse aux plus aisés. Notons également à ce propos, qu’il est un réflexe français qui consiste à penser « remboursement sécurité sociale » lorsqu’il s’agit de consulter. Aussi, même si l’approche est loin d’être la même, certains préféreront consulter un psychologue dans un C.M.P. (centre médico-psychologique) ou un psychiatre en ville, deux professionnels qui permettront que l’aide apportée soit prise en charge par l’assurance maladie.

Pourtant, entre le coaching et la thérapie, il y a bien tout un pan.

Le coach est avant tout un généraliste de la relation d’aide spécialisé dans la conduite du changement. Il travaille le présent dans un objectif de futur, le coach n’est donc pas un thérapeute. Il n’a pas pour fonction de traiter une pathologie issue du passé, mais bien d’accompagner une personne à un instant présent autour d’une situation de changement, et ce, en vue de préparer son futur.
La psychothérapie est une réponse apportée à un déficit, nous dit Maslow, psychologue du courant humaniste. Il précise à ce titre que « la caractéristique principale des gens qui ont besoin d’une psychothérapie, c’est une déficience ancienne ou actuelle dans la gratification d’un besoin de base. ». Il ajoute également qu’ « une caractéristique essentielle de la cure est de fournir ce qui manque ou de faire ce qui est possible pour que le patient puisse se le procurer lui-même ». Le coaching, sorte de « thérapie du bien portant » s’adresse quant à lui aux personnes dont les besoins ont été suffisamment gratifiés et s’inscrit ainsi dans un travail de croissance de type « développement ». Il est entendu que ces personnes « ne sont pas exempts de conflits, de difficultés, d’anxiété, de confusion », mais il ne sera toutefois pas nécessaire, dans le cadre du coaching, de faire appel au passé ni d’intervenir, de manière concrète, sur le psychisme de la personne. Le coaching émet l’hypothèse que la personne possède ses propres ressources et que le client du coach peut y avoir plus facilement accès que celui du thérapeute compte tenu de problématiques qui s’inscrivent dans des dimensions de nature différente.

Comment définir alors cet accompagnement que l’on nomme coaching ? « L’art du questionnement dans la conduite du changement », tel est l’exercice du coach, un accompagnant qui aide le coaché à trouver lui-même ses propres ressources.

L’idée fondamentale du coaching est de partir du postulat que la personne possède elle-même les réponses aux questions qu’elle se pose. Un concept qui remonte à Socrate à travers sa philosophie Maïeutique.
Le coaching au sein de l’entreprise ou auprès du particulier (appelé le « life coaching »), a depuis une dizaine d’années en France, résolument coupé les ponts avec ses origines du milieu sportif. Le coach ne donne donc aucun conseil, il ne détient aucune vérité et n’apporte aucune réponse aux questions du coaché. L’intervention du coach repose sur l’écoute active et la non-directivité, concepts chers à Carl Rogers, psychologue humaniste du 20ème siècle.

Ainsi existe t’il d’un coté le coaching éthique tel qu’il est enseigné à l’Université ainsi qu’au sein de quelques écoles reconnues pas la profession, et de l’autre, une sorte « d’expression fourre-tout » qui permet à différentes professions, telles que des spécialistes du relooking, des agents matrimoniaux qui ne se nomment pas (les love-coachs), des acteurs du spectacle, souvent dirigistes et sans éthique, parfois humiliants et irrespectueux de la personne (notre Super Nanie de M6 !), et parfois à de vrais gourous, d’utiliser l’aspect porteur du terme pour les uns, et de s’improviser professionnels d’une pratique qu’ils ne maîtrisent pas pour les autres. Le citoyen a donc raison de se méfier d’un vocable qui est trop souvent galvaudé car c’est en grande partie auprès du particulier que des offres tout aussi incompétentes que malhonnêtes semblent particulièrement fleurir, offres vers lesquelles tous les projecteurs médiatiques de vulgarisation semblent orientés.

Un coach compétent est un professionnel diplômé de l’Université ou d’une école reconnue par l’une des trois associations qui représentent la profession. Tout comme le thérapeute, il a un superviseur, lui-même, dûment formé. Bien plus présent dans l’entreprise qu’auprès du particulier, le coach intervient auprès de dirigeants, de cadres et de chefs de services dans des situations de « changement de responsabilités, de mutation dans un nouveau service, de prise en main d’une nouvelle équipe (…), de désir de changer de job » . Il aide à prendre du recul, à étudier une stratégie adaptée à des situations parfois complexes. L’intervention du coach en entreprise se situe essentiellement sur des problématiques de management. Un besoin que les responsables d’entreprise expriment comme étant assez récent (une dizaine d’années) et qu’ils justifient par une délitescence des rapports sociaux au sein de l’entreprise. L’apport du coach dans ce contexte n’est pas technique, les écoles de management forment très bien à ce besoin. En revanche, certains professionnels, très compétents dans l’application concrète du poste qu’ils occupent, rencontrent parfois de véritables difficultés en termes de communication et de relation avec leurs salariés. Par manque de confiance, par besoin de vouloir tout contrôler, certains responsables tombent dans le piège de l’autoritarisme qui ne manque pas de susciter des résistances des salariés qui revendiquent, à juste titre, plus de considération et d’autonomie. Le management participatif est une belle théorie qui n’est pas toujours aisée à pratiquer. Dans ce contexte de tension, le coach, non directif, est un régulateur qui amène chaque acteur, à travers son écoute, son questionnement et ses reformulations, à comprendre l’enjeu des scènes qui se jouent dans ces relations de travail.
Un contexte qui n’est toutefois pas toujours aussi simple dans la mesure où il n’est pas rare que les demandes latentes du coaching d’un cadre d’entreprise (qui n’est pas toujours demandeur de cet accompagnement) se situent essentiellement, et sans le dire clairement, autour d’une recherche de développement de performance. Or, c’est bien sur cette fonction de développement de performance que se situent, à juste titre, certains détracteurs du coaching d’entreprise. Le coach doit être en effet vigilant face à une demande de ce type, en particulier lorsqu’elle est sous-tendue par une sorte d’injonction d’entreprise. De sa propre éthique dépendra le positionnement du professionnel dans un tel contexte.
Enfin, quand il intervient auprès du particulier, la méthode de travail du coach demeure identique. Il accompagne des personnes qui s’interrogent sur leur parcours professionnel, des personnes qui font face à un divorce, ou à une retraite professionnelle qu’elles n’ont pas suffisamment préparée et qu’elles appréhendent. Le coach reste alors fidèle à sa pratique et à son éthique, il écoute, questionne, propose des mises en situation ; il accompagne son client dans la conduite du changement.

Loin de maîtriser la sagesse de Socrate, le coach éthique cultive néanmoins un art qui s’exerce au fil de l’exercice de sa pratique, dans le cadre d’une supervision, d’une remise en question permanente et d’une fine observation de la communication interactionnelle. Un travail dont l’élégance ne peut s’exercer que dans le temps. Un vrai métier.

Isabelle Buot-Bouttier - Coach diplômée Université Paris VIII

Références :
i « Le Coaching », Pierre Angel, Patrick Amar, Editions Puf, collection « Que sais-je », 2005
ii Ibid
iii « Vers une psychologie de l’être », Maslow A. H. Editions Fayard,
iv Ibid
v La Société Française de Coaching ; l’International Coach Fédération ; la Société Européenne de Coaching,
vi « Coaching – Tout ce que vous souhaitez savoir sur le coaching », Lenhardt Vincent, Editions Dunod, 2006
samedi 10 février 2007
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Re: Le coaching éthique, Super Nanie ou Socrate ?
Bonjour !

Je trouve particulièrement intéressant votre écrit : de la contextualisation à une première proposition de définition d'un "coaching éthique".

Je vous rejoins sur la nécessité de la vigilence du coach concernant les injonctions plus ou moins exprimées et/recherchées par l'entreprise et/ou par le coaché potentiel.

Je pense que le contrat peut contribuer à faciliter et à acter cette vigilence. Notamment dans la formulation claire de l'objectif, essentielle pour contractualiser.

Nous pouvons nous appuyer sur l'une des 4 conditions de Claude Steiner : le consentement mutuel pour qu'un contrat soit valide.

S'il est consenti mutuellement, le contrat global permet au coach de s'appuyer dans la relation tripartite sur un cadre partagé (puisque construit et signé en commun) pour accompagner de manière éthique le coaché (en restant centré sur ce cadre entre autres).

Pour ce faire un "contrat de contrat" peut être nécessaire pour accompagner l'entreprise et/ou le coacher à formuler l'objectif du coaching afin d'atteindre notamment le consentement mutuel.

Le travail du coach se situe essentiellement ici dans sa posture, une "confrontation" bienveillante :
- vis à vis de l'entreprise pour l'accompagner à problématiser et élaborer les objectifs - si les attentes latentes ne dépendent pas uniquement du coaché par exemple, le contrat est-il éthique en l'espèce ?
- vis à vis du coaché potentiel - l'accompagner dans cette phase à envisager un objectif formulé positivement et écologique pour lui notamment

La neutralité, l'assertivité et l'humilité sont à mon sens nécessaires pour notamment "confronter" avec bienveillance ses interlocuteurs et les accompagner à formuler et à contractualiser de manière éthique.

A l'ensemble des membres, qu'en pensez-vous ?

Cordialement,
Sophie MANDIGOUT


>Aimé Jacquet, Super Nanie sur M6, Gilles, de l’émission
>« Queer », et Bernard Tapie font partie des noms
>plusieurs fois cités lorsque l’on demande à ceux qui
>veulent se prêter au jeu de la question : « quels
>coachs connus pourriez-vous citer ? ». Si le tout est
>pour le moins hétéroclite, il est bien représentatif de
>la vision que la population française a du coaching. Un
>vidoir qui réunit à la fois gourous, opportunistes,
>professionnels du spectacle et du petit écran,
>entraîneurs sportifs, relookers et autres professions
>en vogue. Une sorte de bordel sans nom face auquel les
>médias ont une grande part de responsabilité. Alors le
>coaching, une activité obscure ou un métier capable de
>se définir ?

>« Coaching », un terme anglais, issu du verbe « to
>coach : entraîner, accompagner, motiver qui demeure
>toutefois étymologiquement issu du français « coche ».
>Le Coche, au 20ème siècle, est une grande voiture
>tirée par des chevaux pour le transport des voyageurs
>et conduite par un postillon ou un « cocher ». Celui-ci
>est, de fait, une personne qui accompagne des voyageurs
>d’un point à un autre, ce qui évoque bien l’aspect de «
>passeur » ou de « guide » que revêt parfois la fonction
>de coach. » .

>Un accompagnement qui a trouvé son origine dans le
>milieu sportif américain des années 1950-1960. Le coach
>était alors un entraîneur sportif, notamment dans le
>football américain. Son approche était holistique, il
>appréhendait le sportif dans sa globalité en vue de
>l’aider à accroître ses performances. A partir des
>années 80 le terme s’étend au monde de l’entreprise, «
>où les enjeux et les comparaisons en termes de
>compétition, d’excellence, de besoin de dépassement
>justifient une telle approche ». Il faudra toutefois
>attendre les années 90 pour constater ce même phénomène
>en France. Vincent Lenhardt, professionnel à la fois de
>la relation d’aide (Docteur en Psychologie) et du monde
>de l’entreprise (Diplômé d’HEC, études MBA de
>l’Université de Chicago), crée en 1988 la première
>école de coaching. Une étape symbolique qui permet de
>comprendre les sources du coaching tel qu’il se
>développe en France depuis une quinzaine d’années. Si
>le coach intervient aussi bien auprès d’un cadre,
>d’une équipe (on parle alors de Team Building), d’un
>service, ou toute autre entité de l’entreprise,
>qu’auprès du particulier, les professionnels du secteur
>s’entendent pour reconnaître que le coaching,
>contrairement aux pays Anglo-saxons, reste peu
>développé à ce jour en France auprès de ce dernier.
>Nous sommes donc loin de l’engouement du particulier
>dont parlent les médias et la raison principale est
>probablement due en partie aux tarifs pratiqués par la
>profession (les premiers prix pour les particuliers se
>situent aux alentours de 80 euros). Le coaching,
>reconnaissons-le est élitiste, il s’adresse aux plus
>aisés. Notons également à ce propos, qu’il est un
>réflexe français qui consiste à penser « remboursement
>sécurité sociale » lorsqu’il s’agit de consulter.
>Aussi, même si l’approche est loin d’être la même,
>certains préféreront consulter un psychologue dans un
>C.M.P. (centre médico-psychologique) ou un psychiatre
>en ville, deux professionnels qui permettront que
>l’aide apportée soit prise en charge par l’assurance
>maladie.
>
>Pourtant, entre le coaching et la thérapie, il y a bien
>tout un pan.

>Le coach est avant tout un généraliste de la relation
>d’aide spécialisé dans la conduite du changement. Il
>travaille le présent dans un objectif de futur, le
>coach n’est donc pas un thérapeute. Il n’a pas pour
>fonction de traiter une pathologie issue du passé, mais
>bien d’accompagner une personne à un instant présent
>autour d’une situation de changement, et ce, en vue de
>préparer son futur.
>La psychothérapie est une réponse apportée à un
>déficit, nous dit Maslow, psychologue du courant
>humaniste. Il précise à ce titre que « la
>caractéristique principale des gens qui ont besoin
>d’une psychothérapie, c’est une déficience ancienne ou
>actuelle dans la gratification d’un besoin de base. ».
>Il ajoute également qu’ « une caractéristique
>essentielle de la cure est de fournir ce qui manque ou
>de faire ce qui est possible pour que le patient puisse
>se le procurer lui-même ». Le coaching, sorte de «
>thérapie du bien portant » s’adresse quant à lui aux
>personnes dont les besoins ont été suffisamment
>gratifiés et s’inscrit ainsi dans un travail de
>croissance de type « développement ». Il est entendu
>que ces personnes « ne sont pas exempts de conflits, de
>difficultés, d’anxiété, de confusion », mais il ne
>sera toutefois pas nécessaire, dans le cadre du
>coaching, de faire appel au passé ni d’intervenir, de
>manière concrète, sur le psychisme de la personne. Le
>coaching émet l’hypothèse que la personne possède ses
>propres ressources et que le client du coach peut y
>avoir plus facilement accès que celui du thérapeute
>compte tenu de problématiques qui s’inscrivent dans des
>dimensions de nature différente.

>Comment définir alors cet accompagnement que l’on nomme
>coaching ? « L’art du questionnement dans la conduite
>du changement », tel est l’exercice du coach, un
>accompagnant qui aide le coaché à trouver lui-même ses
>propres ressources.

>L’idée fondamentale du coaching est de partir du
>postulat que la personne possède elle-même les réponses
>aux questions qu’elle se pose. Un concept qui remonte à
>Socrate à travers sa philosophie Maïeutique.
>Le coaching au sein de l’entreprise ou auprès du
>particulier (appelé le « life coaching »), a depuis une
>dizaine d’années en France, résolument coupé les ponts
>avec ses origines du milieu sportif. Le coach ne donne
>donc aucun conseil, il ne détient aucune vérité et
>n’apporte aucune réponse aux questions du coaché.
>L’intervention du coach repose sur l’écoute active et
>la non-directivité, concepts chers à Carl Rogers,
>psychologue humaniste du 20ème siècle.

>Ainsi existe t’il d’un coté le coaching éthique tel
>qu’il est enseigné à l’Université ainsi qu’au sein de
>quelques écoles reconnues pas la profession, et de
>l’autre, une sorte « d’expression fourre-tout » qui
>permet à différentes professions, telles que des
>spécialistes du relooking, des agents matrimoniaux qui
>ne se nomment pas (les love-coachs), des acteurs du
>spectacle, souvent dirigistes et sans éthique, parfois
>humiliants et irrespectueux de la personne (notre Super
>Nanie de M6 !), et parfois à de vrais gourous,
>d’utiliser l’aspect porteur du terme pour les uns, et
>de s’improviser professionnels d’une pratique qu’ils ne
>maîtrisent pas pour les autres. Le citoyen a donc
>raison de se méfier d’un vocable qui est trop souvent
>galvaudé car c’est en grande partie auprès du
>particulier que des offres tout aussi incompétentes que
>malhonnêtes semblent particulièrement fleurir, offres
>vers lesquelles tous les projecteurs médiatiques de
>vulgarisation semblent orientés.

>Un coach compétent est un professionnel diplômé de
>l’Université ou d’une école reconnue par l’une des
>trois associations qui représentent la profession.
>Tout comme le thérapeute, il a un superviseur,
>lui-même, dûment formé. Bien plus présent dans
>l’entreprise qu’auprès du particulier, le coach
>intervient auprès de dirigeants, de cadres et de chefs
>de services dans des situations de « changement de
>responsabilités, de mutation dans un nouveau service,
>de prise en main d’une nouvelle équipe (…), de désir de
>changer de job » . Il aide à prendre du recul, à
>étudier une stratégie adaptée à des situations parfois
>complexes. L’intervention du coach en entreprise se
>situe essentiellement sur des problématiques de
>management. Un besoin que les responsables d’entreprise
>expriment comme étant assez récent (une dizaine
>d’années) et qu’ils justifient par une délitescence des
>rapports sociaux au sein de l’entreprise. L’apport du
>coach dans ce contexte n’est pas technique, les écoles
>de management forment très bien à ce besoin. En
>revanche, certains professionnels, très compétents dans
>l’application concrète du poste qu’ils occupent,
>rencontrent parfois de véritables difficultés en termes
>de communication et de relation avec leurs salariés.
>Par manque de confiance, par besoin de vouloir tout
>contrôler, certains responsables tombent dans le piège
>de l’autoritarisme qui ne manque pas de susciter des
>résistances des salariés qui revendiquent, à juste
>titre, plus de considération et d’autonomie. Le
>management participatif est une belle théorie qui n’est
>pas toujours aisée à pratiquer. Dans ce contexte de
>tension, le coach, non directif, est un régulateur qui
>amène chaque acteur, à travers son écoute, son
>questionnement et ses reformulations, à comprendre
>l’enjeu des scènes qui se jouent dans ces relations de
>travail.
>Un contexte qui n’est toutefois pas toujours aussi
>simple dans la mesure où il n’est pas rare que les
>demandes latentes du coaching d’un cadre d’entreprise
>(qui n’est pas toujours demandeur de cet
>accompagnement) se situent essentiellement, et sans le
>dire clairement, autour d’une recherche de
>développement de performance. Or, c’est bien sur cette
>fonction de développement de performance que se
>situent, à juste titre, certains détracteurs du
>coaching d’entreprise. Le coach doit être en effet
>vigilant face à une demande de ce type, en particulier
>lorsqu’elle est sous-tendue par une sorte d’injonction
>d’entreprise. De sa propre éthique dépendra le
>positionnement du professionnel dans un tel contexte.
>Enfin, quand il intervient auprès du particulier, la
>méthode de travail du coach demeure identique. Il
>accompagne des personnes qui s’interrogent sur leur
>parcours professionnel, des personnes qui font face à
>un divorce, ou à une retraite professionnelle qu’elles
>n’ont pas suffisamment préparée et qu’elles
>appréhendent. Le coach reste alors fidèle à sa pratique
>et à son éthique, il écoute, questionne, propose des
>mises en situation ; il accompagne son client dans la
>conduite du changement.

>Loin de maîtriser la sagesse de Socrate, le coach
>éthique cultive néanmoins un art qui s’exerce au fil de
>l’exercice de sa pratique, dans le cadre d’une
>supervision, d’une remise en question permanente et
>d’une fine observation de la communication
>interactionnelle. Un travail dont l’élégance ne peut
>s’exercer que dans le temps. Un vrai métier.

>Isabelle Buot-Bouttier - Coach diplômée Université
>Paris VIII

>Références :
>i « Le Coaching », Pierre Angel, Patrick Amar,
>Editions Puf, collection « Que sais-je », 2005
>ii Ibid
>iii « Vers une psychologie de l’être », Maslow A. H.
>Editions Fayard,
>iv Ibid
>v La Société Française de Coaching ; l’International
>Coach Fédération ; la Société Européenne de Coaching,
>vi « Coaching – Tout ce que vous souhaitez savoir sur
>le coaching », Lenhardt Vincent, Editions Dunod, 2006
lundi 11 février 2008
Consultante en Ressources Humaines

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