Le Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française s'est manifesté depuis 2 ans pour alerter les professionnels de l'hôtellerie et les clients d'hôtels sur les conséquences inquiétantes de la réforme du classement hôtelier. Le ministre en charge du tourisme n'a pas souhaité tenir compte de ses alertes.
Sous une apparence de progrès, le nouveau classement qui attribue les étoiles posera de nombreux problèmes :
- tests faits, le référentiel permettra à tout hôtel sale, mal entretenu et très vieilli d'obtenir ses étoiles, selon le nouveau classement, tant les normes sont minimalistes et les efforts d'investissements à faire sont dérisoires. Ce miracle sera possible grâce au système de points perdus dans les critères obligatoires compensables aisément par les points gagnés via les critères facultatifs.
- le contenu des normes est en grande partie rétrograde (même par rapport aux normes de 1986) et est en désaccord avec les attentes des clientèles hôtelières (*) : toutes les chambres n'auront pas l'obligation de sanitaires privés, pas de téléviseurs obligatoires, pas de téléphone, pas d'accès à Internet, etc. Et pour cause, la commission qui a travaillé sur ce référentiel n'a pas interrogé un seul client d'hôtel et a fourni un travail à vocation corporatiste... (sic).
- la 5e étoile est accessible, toujours à cause du minimalisme des normes, à des hôtels de chaînes standardisés qui sont à peine dans le haut de gamme et qui ainsi cohabiteront avec de vrais hôtels de luxe et d'exception.
- un groupe hôtelier majeur a fourni le référentiel clef en main afin que ses chaînes puissent accéder à une étoile supplémentaire, sans peine d'investissements. Ainsi les 2 étoiles actuels deviendront 3, les 3 * => 4 *, etc. Ses concurrents feront de même et la compréhension du système d'étoiles sera encore plus difficile pour la clientèle.
- les cabinets d'audits en charge du contrôle des hôtels ne seront pas empêchés, malgré leur accréditation par le Cofrac, de développer une démarche clientéliste risquant ainsi de discréditer la démarche. Le problème est posé dès lors où ces audits deviennent payants par les hôteliers.
En résumé, les nouvelles normes hôtelières, qui, une fois réformées, devaient apporter davantage de garanties aux clients d'hôtels (pour qui elles sont faites - 68 % des clients d'hôtels tiennent compte des étoiles quand ils recherchent un hôtel) ne provoqueront qu'un flou supplémentaire chez ces derniers et chez les professionnels aussi. Mais hélas, elles ne contribueront pas à moderniser l'hôtellerie française qui en a pourtant bien besoin.
Les hôtels français accueillent près de 27 millions de clients par an, dont 2/3 sont résidents en France. 1/4 de l'hôtellerie française est vétuste ou très vieillie et 1/3 est à bout de souffle dans son offre.
http://www.comitemodernisation.org
(*) source étude sur les attentes des clientèles réalisée par Coach Omnium en juin 2009, en libre accès sur le site du Comité. mercredi 4 novembre 2009 | |