Le nombre d’adeptes du solaire a doublé dans le Loiret depuis un an. La région Centre ne possède pas encore de centrale solaire, même si la commune de Chaillac (Indre) est en train d’en construire une de plus de 50 000 panneaux solaires (4,4MW). Le projet public-privé “Solaren”, censé recouvrir de panneaux photovoltaïques (soit quelque 20 MW) , au nord d’Orléans, est depuis 2007 au point mort. Mais les choses bougent : une ferme photovoltaïque de 10 MW, conforme à la feuille de route du Grenelle de l’environnement, devrait être construite d’ici 2011 dans la région. L’appel d’offres est en cours. L’objectif national étant de parvenir à une puissance cumulée de 300 MW, soit de multiplier le parc photovoltaïque par cinq. Les particuliers, eux, se dotent progressivement de panneaux thermiques pour produire de l’eau chaude sanitaire et de panneaux photovoltaïques pour transformer la lumière en électricité. La démarche n’est pas la même : le thermique répond plus à une philosophie d’autonomie, tandis que le photovoltaïque s’affiche davantage comme un placement financier. « Dans les deux cas, les demandes explosent depuis l’instauration du crédit d’impôt (déduction fiscale de 50% sur le montant matériel TTC) en 2005 », constate Romuald Caumont, chargé de mission Énergie à l'espace Info Énergie d'Orléans.
Depuis le début de l’année la tendance s’accélère dans la région Centre, les demandes de raccordements photovoltaïques se multiplient, surtout chez les particuliers : ERDF comptait 286 producteurs autonomes qui revendaient leur énergie fin 2008, un nombre qui est passé à 356 à la fin du mois de juin 2009 (soit +25% en six mois). La hausse est plus marquée dans le Loiret : 57 revendaient leur électricité fin 2008, contre 82 à la fin juin 2009 (+45%, contre +30% à l’échelle nationale). délais, «entre 4 et 6 mois». Depuis 2005 et la loi “Pope”, le photovoltaïque représente un placement financier «avantageux», confirme Dominique Mercier, directeur général de XErgies, société orléanaise spécialisée dans le développement de centrales photovoltaïques. Le tarif de rachat du kilowatt heure (kWh) est passé en cinq ans de 15 centimes d’euros à 32,82 centimes actuellement, plus 27,36 centimes lorsque les équipements solaires s’intègrent dans le bâti. Soit, en tout, plus de 60 centimes à la revente alors que les clients d'EDF achètent 10 centimes le kWh… Un tarif six fois plus élevé que celui de l’électricité produite par l’éolienne. Ainsi avec 20 m2 de panneaux photovoltaïques, un particulier produit 2 000 kWh par an ce qui lui assure 1 200 € de revenu. Avec un investissement de départ d’environ 1 000 euros le m2 de panneau fournis et posé. Les agriculteurs témoignent aussi d’un vif intérêt pour le photovoltaïque. Depuis le printemps 2008, des réunions d’informations sur le sujet sont organisées par la chambre d'agriculture du Loiret: plus de 100 agriculteurs y ont participé. Du côté des collectivités, «ça démarre doucement mais sûrement», indique Thierry Barras, en charge des collectivités locales au sein de l’Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME). Plusieurs bailleurs sociaux se sont déjà lancés dans les panneaux solaires thermiques, permettant aux occupants d’habitations à loyer modéré de payer deux fois moins chère leur électricité. Quelques entreprises du Loiret ont aussi franchi le pas : c’est le cas de Wirecom à Olivet qui possède depuis un an 400m2 de panneaux photovoltaïques.
Pierre Teinturier, délégué régional de la Fédération Environnement Durable (FED) regrette que la Région Centre ne subventionne plus depuis 2006 les installations photovoltaïques. Le Conseil Régional nuance : «Nous préférons orienter nos enveloppes vers la maîtrise de l’énergie : bâtiments à basse consommation d’énergie. L'argent public est allé vers l'isolation avec le prêt à taux zéro Isolaris. D'ailleurs la société orléanaise Syléol prévient : « le marché photovoltaïque est artificiel, il y a beaucoup de matériel de mauvaise qualité et les gens vont déchanter dans quelques années. Les aides devraient aller au thermique.» Néanmoins, l’ADEME et la Région vont subventionner pour la dernière année une quinzaine de grands projets photovoltaïques pour un montant de 200 000 €.
Source : la TRIBUNE / Orléans. AOUT 2009. Une étude très détaillée et prometteuse pour les entreprises qui sont dans ce secteur. vendredi 28 août 2009 | |