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Cinéma Japonais

La santé du cinéma japonais!

Le cinéma japonais est étonant, à plus d'un titre.
Personnellement j'aime surtout les classiques Ozu, Kurosawa , mais j'adore aussi Sowa et quelques autres contemporains.

Ce qui est remarquable, entre autres, c'est le jeu d'acteur qui est souvent juste, même dans les films très commerciaux.
Je pense que cela est dû au fait que la condition d'artiste n'est pas facile au japon, car il n'y a pas de sécurité sociale dévelloppée comme en Europe. Les acteurs doivent travailler sur des productions télévisuelles, des pubs , des téléfilms pour s'en sortir. C'est dur pour eux parfois, mais ils l'ont intégrés, c'est comme ça d'ailleurs dans d'autres secteurs de la société. Ce n'est pas aussi dégradant parfois que pour un comédien Européen qui n'aime pas , ou du moins pas toujours faire ça : c'est "normal" au Japon. Bon, j'enjolive un peu car je connais des peintres et des musiciens qui fuient ce système pour travailler de manière un peu plus relax en Europe ou aux Etat- unis, et dans le cas du comédien il y a la question de la langue, et le fait qu'il y a une vraie industrie du cinéma, pour 127 millions de personnes (je crois),qui existe au Japon, plus le "marché" Coréen qui rafole des films japonais et vice versa.
Je ne dis évidement pas que cela est formidable comme système, mais ce qui est indéniable c'est que les acteurs travaillent, éprouvent, expérimentent et doivent produire un résultat qui est vu par d'autres.
Ils n'ont pas le choix et comme dans tous les métiers du monde , on ne peut que bonnifier avec l'expérience.
C'est un peu ce qui manque chez nous, à part pour les grosses pointures qui parfois à force cabotinent un peu, d'avoir un réseau qui fait bosser les comédiens.
Heureusement , il y a le théâtre, le spectacle vivant , etc,...
L'Institution qui aide à la production devrait se rendre compte que lorsqu'elle aide des petites productions, du cinéma expérimental, du théâtre, elle aide aussi à la formation continue de talents qui travailleront sur des films à plus gros budgets ensuite, et par voie de conséquence qui auront un impact économique plus grand.
Par ailleurs il y a dans le cinéma Japonais une audace incroyable au niveaux des codes, des mouvements de caméras, qui me surprennent toujours parce qu'à chaque fois je me dis que si un metteur en scène d'ici faisait la même chose il aurait à subir les foudres de la critique.
A l'inverse lorsque Kitano à réalisé "l'été de kikujiro", film que je trouve formidable, avec cette scène de la pieuvre que l'on ne trouverai d'ailleurs dans aucun film d'ici, du moins dans les productions habituelles, il a été fort critiqué dans "Libération", parce qu'il a fait là un film qui rompait avec les codes du film yakuza qu'on attendait de lui. Hors Kitano à une relation je pense ambivalente avec son pays et le système de celui -ci. Il s'est exprimé là dessus, à maintes reprises, le journaliste trouvait trop "mieilleux", il critiqua aussi dolls " défilé de tronches d'enterement " dit -il montrant ainsi sa méconnaissance totale du théâtre kabuki. Pour moi ces deux films furent comme deux actes d'amours pour moi sur le Japon et sa culture ; et je me demande lorsque l'on voit "l'été de kikujiro" et que l'on pense à certains films Iraniens encensés par la critique, si décidément celle -ci n'à pas rangé dans des cases les choses trouvant formidable une relation entre deux personnes faite dans un cadre culturel donné et puis demandant à tel autre auteur de rester sur ces rails et de ne pas commettre autre chose que ce que l'on attend de lui. C'est la force du cinéma japonais, il nous surprendra toujours.

Christophe Van Collie
lundi 18 février 2008
eclairagiste / cineaste / videaste / Photographe

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