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Musique / Autoproduction

Sur la scène ! !

Chers amis,

Il paraît, dit-on dans les milieux autorisés, que depuis que la crise du disque existe, celle de la scène a disparue et que les artistes vivent mieux de leurs concerts que de leurs droits sur la vente des albums.

Samedi soir, dans l’émission « Le pont des artistes », sur France Inter, JP Nataf, ex chanteur du groupe « Les innocents » a précisé que : « seuls une trentaine de groupes arrivent à vivre de leurs concerts. Pour tous les autres c’est très difficile. Plus encore qu’à l’époque où nous avons commencés. » Petit rappel, leur plus gros succès date du début des années 90, il y a presque 20 ans !

Sachant que les ventes de CD s’écroulent de jours en jours, l’ensemble de la profession se replie sur la scène. L’économie de la musique ne dérogeant pas aux règles économiques en général, plus l’offre est grande, moins les prix sont élevés et plus la qualité se dilue dans le néant.

Plus on met de produits sur le marché, moins on a de chance de les vendre. C’est le paradoxe du commerce. Le seul gagnant est celui qui est au bout de la chaîne et qui tient les rênes du marché. Que ce soit un tourneur, un distributeur ou un producteur, leur but aujourd’hui est d’avoir le plus d’offre à proposer aux consommateurs. Si j’ai dans mon catalogue 50 artistes et que je les vends chacun une seule fois, je gagne 50 fois. En revanche, l’artiste lui ne gagne qu’une seul fois.

Le monde de la musique est une vaste partie de poker où en permanence il faut faire des paris sur l’avenir. A l’opposé d’une science exacte, l’artistique est fondé sur quelques règles élémentaires : avoir une mélodie et une voix à peu près juste. Je dis cela en pensant de suite à Bobby Lapointe ou Renaud qui sont loin d’être des exemples à suivre en termes de qualité de chant… Le reste est uniquement basé sur de l’aléatoire.

Je suis assez bien placé, malheureusement, pour savoir que ce ne sont pas toujours les meilleurs produits que l’on retrouve dans les charts. Le discours est pourtant toujours le même : « Tu vas voir, c’est trop bon, ça va casser la baraque ! » et puis, rien…

Pour en revenir à la scène, je dirais que cette semaine j’ai assisté dépité à un concert à l’OPA Bastille. Balablan jouait ce soir-là sur le même plateau que Altam, un groupe stéphanois. Ni eux, ni nous n’avions ménagé notre peine pour faire de la publicité sur cet événement. Tous les sites webs et boites mails de nos amis et fans avaient été abreuvés de messages, des affiches avaient été collées et des flyers distribués. Nous étions en tout et pour tout une dizaine dans la salle…

Beaucoup d’énergie et surtout d’espoir mis en vain dans ce concert. La prestation quant à elle fut bonne pour les deux groupes. A cela je dois rendre hommage, car quelle que soit la jauge, la plupart des artistes donnent des concerts de grande qualité. C’est tout à leur honneur.

Il y a sur Paris des centaines de spectacles tous les soirs, des plus grandes salles de concert aux plus petites caves sordides. Comment parvenir à faire son trou dans cet univers ? En fuyant très certainement la capitale et les grandes villes.

Ensuite se pose le problème de la motivation des troupes. Êtes-vous prêts à faire des kilomètres, pour donner un concert et recevoir en échange quelques euros ? Tout compte fait, à l’arrivée, il ne reste pas souvent grand chose à se mettre dans la poche. Une fois, deux fois… Si les choses ne bougent pas vite (et c’est souvent le cas) l’envie vous quitte peu à peu et vous finissez par lâcher l’affaire. C’est triste pour vous, mais ne vous en faites pas, la nature ayant horreur du vide, un autre groupe viendra prendre votre place.

Vous devez en permanence savoir avec qui vous travaillez dans votre équipe, quel est le degré de motivation de vos comparses, quel est le moteur de votre volonté. Bien souvent les jeunes artistes pensent qu’une carrière se fait en un jour et qu’il suffit de quelques concerts en MJC pour devenir des vedettes. Si cela a pu arriver à quelques-uns (les noms ne me viennent pas d’ailleurs), ce n’est pas le cas pour l’ensemble de ceux qui ont réussi. Jouer devant des salles vides, vous devez savoir que cela va vous arriver. C’est à l’aune de ces épreuves que vous pourrez mesurer votre capacité à avancer.

Bien entendu, c’est démotivant de ne pas faire le plein lors de chaque représentation. Tout le monde souhaite, et moi le premier lorsque je trouve des dates à mes artistes, que le public se déplace en nombre. Mais faut-il pour autant baisser les bras et ne pas poursuivre le combat si l’adversaire vous semble plus fort ? Je ne le crois pas. Il faut se remettre en cause et se poser les bonnes questions. Il est évident que se prendre le mur à chaque concert finit par laisser des traces sur la peau de n’importe quel rockeur, même portant un perfecto bien épais.

Puisque nous sommes loin de la science, il faut avoir foi en vous, mais sans aveuglement. Croire de manière lucide et objective en votre étoile, nous en avons tous une qui brille quelque part. Appliquer des règles simples et travailler toujours avec persévérance, en vous disant que le but que vous souhaitez atteindre n’est pas si éloigné que cela de votre réalité.

Allez, en scène ! !

Olivier
www.oliviervadrot.com
mercredi 28 octobre 2009
Chargé de communication, Olivier Vadrot Conseil et Communication

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