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« Coaching, Supervision & Métiers impossibles »

Et si l'émotion avait un son?

Plongée dans le coaching par téléphone malgré moi et l'entourage qui m'encadre (universitaires des pratiques du coaching, professionnels, confrères qui le perçoivent comme un exotisme anglosaxon, plus adapté à la façon anglosaxonne de faire du coaching qui serait davantage du conseil, d'où la possibilité d'une hot line téléphonique...), je viens ici verser mes idées et sentiments à ce sujet.
Premièrement, ce coaching s'est initié par hasard et la personne n'ayant pas accès à aucun coach en face à face, "étant au fin fond de la Drôme", nous avons accepté toutes deux la situation comme elle était.
Deuxièmement, ayant été moi-même dans une précédente vie de ceux qu'on dit Manager dans une multinationale Anglosaxonne aux équipes éparpillées au travers le monde (un peu à la façon d'une précédente discussion dans ce hub au sujet des mammifères...), et étant aussi d'origine Espagnole, mariée à un Serbe, avec famille et amis éparpillés en Europe, l'échange à distance, par téléphone et par mail, est finalement quelque chose de naturel pour moi. Pour ma coachée aussi, je peux poser l'hypothèse, car elle est elle même émigrée en France et grande voyageuse, sur la terre et sur le web.
Me voilà ainsi en séance de coaching à l'aveugle, privée de tout non verbal, "limitée" au seul canal auditif... ou presque. La communication interpersonnelle repose en théorie sur trois pieds: la vue, l'oreille et le ressenti (émotionnel). Les coachs détectent le manque de congruence des signaux du coaché grâce à la perception d'une contradiction entre ses trois canaux. Et ce manque de congruence est une piste de "zone en travaux".
En décrivant mon expérience à des collègues je me suis entendue dire que je la voyais, ma cliente, pendant la séance, et que je ne voyais rien d'autre! Ce son qui m'arrive, ces silences, respirations, halètements sont limpides comme si je guetais autour de moi en fôret et qu'il en allait de ma vie. Ils transmettent tout un registre , riche et coloré, d'expressions, d'impressions et d'émotions. Quand deux personnes VEULENT de tout leur être entrer en communication et en résonance, ils n'ont besoin ni de trois pieds, ni de leurs mains, ni d'un seul de leurs yeux.
Et vous? Quel est votre expérience sur ce mode après tout banal de communication en ce XIX siècle? Serait-il temps de revoir les théories?
vendredi 6 novembre 2009

Et si l'émotion avait un son?
Merci Eva de contribuer à cette rubrique singulière.
Sur ce thème, j'ai aimé signaler plus loin un article intéressant de Marie-Paule Glachant, psychothérapeute Gestaltiste et systémicienne : "Le premier entretien téléphonique"
En voici quelques beaux extraits :
« Dans un article-bilan de la ligne téléphonique « SOS-Amitié », Jean-Pierre Lavanant et Michel Montheil, psychologues écoutants, décrivent cette situation forte et insolite : « Seule la parole nue, et puissante parce que nue, nous relie dans le présent. Elle constitue toute la réalité et la seule réalité de notre espace, hors toute rencontre dans le réel » [(4)]. Cette sensation d’immédiateté, vécue dans la finesse de la seule écoute (du latin « auricularis » : qui concerne l’oreille, dérivé de « auscultare » : écouter avec attention) évoque ce que je voudrais aborder dans cet article : l’état particulier développé par l’écoutant, en position de veille et de disponibilité à l’autre. »

« Je fais l’hypothèse que cette situation exclusive vient répéter, à notre insu, un autre « contact » bien plus archaïque, un événement sonore, le premier de notre histoire – qui précède de quelques mois la perception visuelle – et qui est inscrit dans notre histoire émotionnelle : lorsque la toute jeune ouïe commence à percevoir in utero, la voix filtrée de la mère, commençant ainsi à construire son premier environnement sécurisant. Selon les neuro-biologistes, l’oreille du foetus est finie dans toutes ses dimensions dès le quatrième mois et demi de la vie intra-utérine. Cela donne du temps jusqu’au neuvième mois pour connaître et vivre l’expérience sonore ! »

« Le Dr Alfred Tomatis [(5)], fondateur de l’audiopsychophonologie, décrit ce bruitage initial de la vie in utero. Cette « pâte sonore » comme l’appelle Tomatis, « n’aura de cesse de venir s’engrammer, rappelant au petit d’homme ce paradoxe du « deux en un » qui marque, dans cette intime dépendance avec la mère, l’initial clivage qu’exige toute relation... Cette relation unique en son genre, si principielle, si capitale, que tout homme a connue, connaît et devra connaître, offre en un temps et un lieu privilégiés tout à la fois, la passation du pouvoir de communiquer avec l’autre, et la possibilité de se rencontrer soi-même ». Tomatis nous enseigne que ce bruit de fond, ce bruit de vie, se situe dans la gerbe des aigus... que l’on retrouve dans la transmission téléphonique !
Paradoxalement, le téléphone (et désormais le « portable » avec tout l’engouement qu’il suscite, notamment chez les « ados ») a banalisé, et accentué l’intimité du contact exclusif entre deux personnes. C’est devenu un moyen de reproduire à volonté ce moment privilégié d’un environnement sonore, habité par la seule voix filtrée d’un autre.
Dans le premier contact téléphonique entre un psychothérapeute et son futur client, je formule l’hypothèse que ce scénario archaïque vient se rejouer entre les deux protagonistes, ce qui peut échapper à la vigilance du psychothérapeute, même averti : une sorte de Gestalt inachevée... préfigurant la « scène » de la relation thérapeutique à venir.
Quand j’étais enfant, mon professeur de piano était aveugle.
Or, je ne le sentais pas « non-voyant » mais plutôt « clairvoyant », comme doué d’un sens supplémentaire. Pour faire comme lui, afin de mieux entendre, j’ai appris à fermer les yeux dans certaines circonstances. L’entretien téléphonique est une de ces circonstances. Et si je ne ferme pas les yeux, dans tous les cas, je m’isole, m’installe et suis attentive... pour mieux « voir » ce qui fait « figure » dans la présentation de la situation et de la demande. »

L'article sur Cairn.info : http://www.cairn.info/revue-gestalt-2004-2-p-157.htm
vendredi 6 novembre 2009
Coaching de dirigeants - Supervision des coachs - www.art-de-changer.com

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Et si l'émotion avait un son?
Merci Eva
Oui, l'émotion a un son... la parole est parfois musique !
Ce que vous exprimez clairement... et la réponse que nous fait André viennent conforter ce que je ressens.
Je suis partie prenante de l'écoute, à double titre : écoutée et écoutante.
Etre seulement écoutée me suffit, me convient. C'est vrai, fort, efficace ! Il ne faut cependant pas généraliser, de mon point de vue, ce dialogue ne peut avoir d'effets "positifs" qu'à la condition que chacun au bout du fil s'implique sincèrement et ne se contente pas t'entendre... mais écoute, comme le dit André "les yeux fermés", ce qui ajouterait des images à la parole ? je ne sais pas.

Je suis écoutante, en complément d'échanges par mail. Au début ce n'étaient que des conversations informelles et je sais maintenant à quel point ces paroles sont importantes. On arrive à dire parfois ce que l'on n'arrive pas à écrire. La spontanéité de la parole qui s'envole... on ne peut pas tirer un trait, gommer... les mots sortent comme l'eau d'une source intarissable !
Les paroles ne sont jamais anodines. Elles éclairent parfois tel ou tel problème.
Alors, j'essaye de "surveiller" les miennes, sans jamais perdre ma franchise et mon authenticité. Que voulez-vous on ne se refait pas :-)
Il m'est même arrivé de dire "ce que je vous raconte là est hors thérapie"... mais est-ce bien vrai ? Rien n'est innocent ou dit par "hasard".
Je ne sais pas si je suis bien claire... mais j'essaye !
samedi 7 novembre 2009

Et si l'émotion avait un son?
Merci Eva,
plongée moi-même, par hasard, dans le coaching par téléphone et par visio conference, je me fais coacher aussi par téléphone.
Réticent au début, je trouve le coaching téléphonique aujourd'hui trés passionnant. Beaucoup plus que les visio conférence.
En effet si comme vous, j avais besoin de voir, j ai appris à attendre pour mieux voir. Cela a même changé ma pratique en face à face, puisqu il m arrive souvent de fermer les yeux pour entendre ce que mon client ne dit pas...

Un silence, un souffle, une intonation, etc, aussi légérs soient ils, me donnent aujourd'hui des pistes de travail que je ne savais pas capter avant.
comme pratiquant de méditation et comme tout à Chacun, je sais que le soufle est essentiel; aors pourquoi ne pas admettre qu'écouter le souffle d un client ne le serait pas.
Comme, nous pouvons faire de trés bonne scéance en face à face, nous pouvons faire en faire par téléphone. de plus, le téléphone, permet au coacher de rester "sur son terrain". Chez lui ou à son bureau, il peut parfois dire des choses plus facilement...enfin tel est mon expérience.
De toute façon, si le coach est bon et que le client souhaite rééllement travailler, ils pourront lefaire par téléphone. dans le cas contraire, même un face à face n y changera rien.
samedi 14 novembre 2009

Et si l'émotion avait un son?
Bonjour
Depuis bientôt dix ans je pratique le coaching par téléphone ou en face à face et dès que possible par alternance entre les deux !

A certains moments j'ai besoin d'avoir un contact en face à face, ou la personne accompagnée !
L'essentiel est de le dire ou d'apprendre à le dire, et surtout d'apprendre à exprimer son ressenti ou à faire des demandes !

En d'autres termes, OUI le coach fait des demandes ... et OUI le coach peut exprimer son ressenti sur un accompagnement, dans le cadre déontologique de son métier !

Le coaching téléphonique permet parfois le confort de l'écoute active exclusive, tant du côté du coaché que du côté du coach !

La forme de notre coaching est un support de notre concentration sur notre accompagnement !

Eric de Pommereau
lundi 16 novembre 2009
Dirigeant / Coach, Cap Large Evolution www.caplarge.com

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Et si l'émotion avait un son?
Le souffle. Merci Jean-Yves de souligner l'importance du souffle. Notre premier souffle est un cri. Le dernier est un estertor, l'abandon le plus complet, et ceci représente bien ce qui se passe en coaching quand les personnes nous viennent dans la violence de leur situation et finalisent les sessions en rendant leurs armes et se laissant aller enfin à la paix intérieure. Une petite mort qui ouvre sur une nouvelle vie.
lundi 16 novembre 2009

Et si l'émotion avait un son?
Bonjour à tous,

Coacher au téléphone ? Je pensais à une hérésie quand j'en ai entendu parler la première fois. J'étais persuadé que la qualité d'écoute du coach et l'implication du coaché étaient forcément de moins bonne qualité. "Pas pour moi" me disais-je alors.

Et puis voilà, un de mes clients ne pouvant venir au rendez-vous à cause d'un déplacement professionnel m'a proposé (oui, c'est mon client qui me l'a proposé) de faire la séance par téléphone et j'ai relevé ce que j'identifiais alors comme un défi.

Quelle ne fut pas ma surprise en raccrochant en fin de séance en constatant que la nuit était tombée sans que je m'en sois aperçu ! J'étais plongé dans une bulle avec mon client et je n'ai été perturbé par aucun paramètre extérieur. La qualité de mon écoute m'a conduit, comme cité par d'autres coaches, à entendre le souffle de mon client, mais aussi à entendre mon client prendre des notes, l'entendre changer de position sur son fauteuil, l'entendre hésiter, réfléchir, etc.

Je n'irai pas jusqu'à dire que je préfère coacher au téléphone mais le fait est que je le propose aujourd'hui spontanément à mes nouveaux clients et suis très à l'aise avec ça.

Fabrice PETIT, Saintes, Charente Maritime.
samedi 21 novembre 2009
Consultant, Formateur, Coach (Life & Corporate Coaching), AXALP Conseils

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Et si l'émotion avait un son?
Le mot de fin, comme on dit, mais qui plus qu'à finaliser permet peut-être de fermer la petite porte qu'on avait ouverte pour s'engager dans une nouvelle ouverture... serait que nous n'avons nul besoin de rigidifier notre pratique, sous couvert probablement d'un besoin de la légitimer... Au téléphone, autour d'une table ou sur une marelle (oui! le dessin par terre et nous à sauter dessus avec le coaché!) nos conditions d'échange sont ce qu'elles sont à un moment donné et nous pouvons nous y appuyer sans complexe plutôt que de tenter à les ramener "à la normale"... Notre métier est de faire bouger les lignes, libérer la pensée et l'action!
lundi 23 novembre 2009