Bienvenue sur Viadeo
Créez votre compte en 30 secondes

« Coaching, Supervision & Métiers impossibles »

« Fortunes et ambiguïtés de l'accompagnement »

C'est le titre d'un article de Lise DEMAILLY, sociologue, pour la revue de sciences humaines EMPAN qui consacre son dossier de l'été à : « Accompagnement et lien social - L'accompagnement : approches théoriques ».

Extraits :
« Le mot « accompagnement » fleure bon les connotations positives : le pain partagé, la fraternité, la solidarité. Il repousse la solitude, mais aussi le contrôle. Dans notre époque avide de marketing symbolique, il fait fortune.
Profane, professionnel ou expert, il se pratique en de nombreuses occasions, en de nombreux lieux. Il se diversifie à l’infini : éducatif, scolaire, de fin de vie, social, spirituel, managérial, du deuil. On accompagne les élèves qui entrent au cours préparatoire, les élèves qui entrent en 6e, les malades, les soignants, les chômeurs, les demandeurs d’emploi en réinsertion, les mourants, les parents, les mères, les changements, les créations d’entreprises, les jeunes. Le mot entre dans les appellations juridiques : « un congé d’accompagnement de fin de vie rémunéré pour les proches » (projet Leonetti, novembre 2008), le Contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE). Il évince ses concurrents sémantiquement proches. Des psychanalystes ont proposé le substantif « une accompagnée » à la place du « contrôle » ou de la « supervision » d’un collègue débutant ou d’une équipe. Des travailleurs sociaux disent avec sérieux qu’il faut maintenant préférer l’« accompagnement » au « soutien ». L’accompagnement évince le guidage, le conseil, le bilan, le secours, et même l’aide, qui reste valorisée si elle est « entraide mutuelle » ou « relation d’aide ». Seul « coach » semble résister à la déferlante, mais il est de toute façon défini par ses professionnels comme étant avant tout un accompagnement. […] »
« Une dynamique historique
Nous avons jusqu’ici décrit les différents registres à plat, de manière analytique. Mais il faut donc aussi les saisir en dynamique historique. Les choses changent. Certains registres d’action sont en fait en perte de vitesse. Le registre qui devient dominant (Demailly, 2008) est celui de l’intervention. Pourquoi?
D’abord le travail d’accompagnement, comme tout travail, est soumis à un processus de rationalisation. Il se met à la cadence commune. Un aspect du travail relationnel qui le différencie nettement des structures relationnelles en société traditionnelle est la possibilité théorique de brièveté et de non-réciprocité. La brièveté est favorisée par l’entrée du travail sur autrui dans la sphère des échanges marchands. La rationalisation du travail d’accompagnement tend à développer cette brièveté de la relation potentiellement inscrite au cœur même de la professionnalisation de celle-ci. Elle aboutit à exiger que le travail relationnel soit performant au jour le jour, efficient, efficace, mesurable, évaluable. Et le rendre évaluable implique de le normer, de le standardiser, de l’instrumenter.
Ensuite, deuxième dimension du changement, l’intervention devient le registre relationnel dominant dans le travail professionnel de relation (aux dépens donc de l’assistanciel et du soutien) à cause de l’importance même du travail relationnel pour la bonne marche de l’appareil de production. […] »

La suite de l'article de Lise DEMAILLY : http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=EMPA_074_0021

Sommaire de la revue EMPAN et résumé des articles sur www.cairn.info
lundi 31 août 2009
Art-de-Changer • Coaching de dirigeants & Supervision de coachs

Tous ses messages



Répondre