Bienvenue sur Viadeo
Créez votre compte en 30 secondes

CLUB AFFAIRES NTIC

Responsabilité sociale des entreprises d'IT offshore

Hier matin j'ai pris le petit déjeuner avec un des sympathiques représentant de la Banque Mondiale à Chisinau, à Délices d'Anges, comme il se doit. Nous avons parlé des prises de positions récentes de Pentalog. Je lui ai dit qu'il me restait un billet à faire, consacré au paiement des charges sociales.

Beaucoup de réactions à mes prises de positions ont concerné le coût du crédit en Moldavie et le service public.

C'est du niveau du service public que je veux parler aujourd'hui et plus précisément du paiement des charges sociales par les compagnies. Après tout, un service public de qualité commence par là. N'OUBLIEZ PAS LES JEUNES MOLDAVES? QU'IL N'EXISTE PAS DE DEMOCRATIE SANS MOYENS FINANCIERS. Pensez-y au moment où vous accepter un accord salarial "gris".

Parmi les entreprises que j'ai rencontrées cette année, j'ai découvert que certaines avaient mis en place des systèmes leur permettant d'éviter de payer les charges sociales et les impôts sur le revenu générés par les collabs (prélèvement à la source). Je ne vais pas révéler toutes les combines découvertes à ce sujet, ça pourrait donner des idées à certains. Disons que les formules récurrentes sont à base d'un compte ouvert à l'étranger pour le salarié ou de versements en liquide.

J'ai expliqué à l'un des patrons pratiquant ce système, et qui le justifiait par le fait de partager l'économie générée avec le salarié, que de très nombreuses personnes quittent le pays du fait de qualité déplorable des infrastructures médicales (certains ont peur de mettre des enfants au monde dans ce pays), de la qualité du système éducatif pour leurs enfants, ou parce que l'état des rues qui mènent chez eux feraient honte à n'importe quel citoyen d'un pays de l'Ouest. Le bonheur ne serait donc pas qu'une affaire d'argent et un état mieux géré et disposant de plus de moyens pourrait-il y contribuer ?

J'ai fait un petit calcul et j'ai découvert qu'il était très facile, dans l'IT, de générer un détournement de 200 euro par mois et par salarié qui devrait aller dans le financement des services de l'état. A mon avis plusieurs centaines de salariés sont concernés par ce phénomène en Moldavie. Et certaines de ces entreprises se vantent de bien payer leurs salariés !
C'est d'autant plus regrettable que l'Etat avait mis en place un système d'exonération d'impôts sur le revenu des informaticiens diplômés qui permet de générer de substantielles économies (presque équivalentes). Les entreprises qui fonctionnent dans le gris ne l'utilisent pas en général et pour deux raisons. Tout d'abord, entre 30 et 70% des effectifs des entreprises moldaves sont encore étudiants et ne sont donc pas concernés par la possibilité de l'exonération. Certains ne possèdent par ailleurs pas le diplôme en informatique. Enfin, demander l'exonération pour certains salariés, c'est attirer les contrôles. Nous en savons quelque chose. Le choix de ces entreprises n'est pas un choix citoyen. Il contribue à la détérioration des services publics nationaux et pousse ainsi les ingénieurs vers le rêve que représente une vie « à l'occidentale ».

Par ici pour le reste de mon billet: http://www.pentablog.fr/nearshore/moldavie-les-entreprises-doivent-payer-leurs-charges-et-augmenter-leur-responsabilite-sociale-locale/

Pour autres articles au même sujet: http://www.pentablog.fr/roumanie-moldavie/
jeudi 3 septembre 2009