Bonjour,
Voici la question fâcheuse qui se pose actuellement : devons-nous restreindre le calendrier commémoratif français. Rappel du calendrier (avec dates officielles et non-officielles) :
27 janvier : journée du souvenir de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'humanité, 19 mars, par certaines associations patriotiques : Signature du cessez-le-feu mettant fin à la Guerre d’Algérie (19 mars 1962), dernier dimanche d'avril : journée de la Déportation, 8 mai, célébration de l'armistice de 1945, 10 mai, commémoration de l'abolition de l'esclavage, 8 juin, hommage aux MPLF des guerres d'Indochine, 18 juin, l'appel du Général de Gaulle, 27 mai, Commémoration de la Création du Conseil National de la Résistance (27 mai 43), 14 juillet, fête nationale 14 juillet 1789, 16 juillet, hommage aux victimes des persécutions racistes et antisémites de l'État français et hommage aux Justes de France, 25 septembre, hommage aux Harkis et autres membres des formations supplétives, Toussaint, hommages aux morts victimes du Travail et du Devoir, 11 novembre, armistice de 1918, 5 décembre, hommage aux MPLF de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, à un moment de l'année, Libération de la Ville en 1944/45
Rassurez-vous, toutes les villes de France ne respectent pas scrupuleusement ce calendrier. Sur ces dates, seule une petite douzaine est vraiment organisée. Tout cela est dépendant de la grandeur de la ville et surtout de l'importance de ses associations patriotiques et d'anciens combattants. Précision : je n'évoque pas ici les villes de garnison qui ont l'opportunité de pouvoir se reposer sur l'armée pour organiser une grande partie de leurs commémorations.
Les anciens combattants que nous retrouvons devant nos monuments aux morts ont pour partie vécu la seconde guerre mondiale mais majoritairement fait la guerre d'Algérie. Même s'ils ne sont plus très jeunes, ils ont la farouche volonté de maintenir le devoir de mémoire qui s'exprime au travers des commémorations. Non pas pour exalter la guerre mais pour témoigner que la Paix et la Liberté ont eu un coût.
Vu le peu de participants à certaines cérémonies, il est tentant de vouloir en restreindre le nombre. D'ailleurs, certaines collectivités n'ont pas attendu un rapport national sur la question pour se la poser.
Localement, les associations patriotiques composées majoritairement d'anciens d'Algérie n'arrivent pas à mobiliser leurs membres sur toutes les cérémonies commémoratives. Le problème se corse lorsqu'il existe également des manifestations associatives se rajoutant au calendrier (hommage annuel à un ancien, date anniversaire de l'installation d'un monument,...)
Le rapport KASPI, commande du Secrétariat d'État aux Anciens Combattants, quelque soit sa conclusion, ne pourra que proposer aux Mairies de négocier avec le monde patriotique et combattant le regroupement des cérémonies. Encore faut-il s'entendre sur les dates à mettre au rebut.
Le fils d'un mort en déportation acceptera-t-il de ne pas déposer de fleurs sur les marches du Monument aux Morts à la fin avril sous prétexte que tout sera regroupé le 8 mai ?
Un fervent du Général de Gaulle sera-t-il à l'aise si l'appel du 18 juin 1940 n'est pas rappelé à sa date anniversaire ?
Va-t-on expliquer aux Amis de la Résistance que rien ne sera plus organisé de manière officielle le 27 mai, même s'il s'agit de la mémoire de Jean Moulin ?
Comprenez-moi bien, je ne pense pas que le 8 mai soit une date anecdotique qui ne pourrait pas porter l'ensemble des symboliques, je crois au contraire que C'EST la date la plus importante du calendrier du XXème siècle car nous commémorons la fin d'une dictature sanglante. Nous n'évoquons pas un conflit entre deux peuples dont les pauvres combattants étaient finalement semblables de part et d'autre des tranchées, mais le 8 mai symbolise la délivrance et le retour de la Liberté démocratique face à la barbarie.
le Secrétariat d'État aux Anciens Combattants aura beau nous formuler des recommandations qu'il n'aura pas lui-même à traduire sur le terrain, rien n'empêchera les Municipalités de devoir suivre les associations dans leurs volontés divergentes de commémorer.
Bien entendu , le 8 mai, le 14 juillet et le 11 novembre sont des dates importantes mais tant que la pression associative et l'exigence morale se feront sentir, il ne sera pas possible de réduire le nombre de cérémonies commémoratives. En fait, la décision qui se traitera au niveau local devra être prise par les associations patriotiques et non par directives gouvernementales.
Vous n'êtes pas d'accord, n'hésitez pas à exprimer votre opinion en répondant sur ce forum de discussion.
Christian CHOMEZ Cabinet TEMPO dimanche 16 novembre 2008 | |